Prisonnière de ma génération 💬

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« Vous les jeunes », « votre génération est désespérante, on ne sait pas quoi faire de vous », « moulez vous au travail et pas l’inverse ». Ces phrases nous les entendons régulièrement, de la bouche de nos professeurs, de nos grands parents voir de certains journalistes.

 Alors oui, on a eu la chance de naître en plein boom électronique. Oui on a eu l’occasion, dès le biberon, d’apprendre à maitriser les ordinateurs. Les smartphones et tablettes sont entrés dans nos vies à l’adolescence et internet est notre seconde langue. Sommes nous tous des camés de l’écran pour autant ? Car au lieu de nous le reprocher pourquoi ne pas profiter des bilingues que nous sommes ?

 Ce n’est pas un coup de gueule, plus un appel à l’aide. Un « regardez moi, je ne suis pas un cliché » parce que je me sens prisonnière de ce que les employeurs appellent « la génération Y ». Rien que par ce nom on peut se sentir rabaissé. Pourquoi « Génération Y » ? Pour la forme des écouteurs qu’on porte lorsqu’on écoute la musique. N’est-ce pas un peu cliché ? Amusant certes, mais clichés. Nos grands parents Allemands ne sont pas tous nazi, et nos enfants ne seront pas tous des analphabètes robotique. Mais il faut généraliser pour regrouper, alors soit. Et puis, au moins, les écouteurs nous empêchent d’entendre les bruits des pots d’échappements. Polluez nos poumons, mais pas nos oreilles. Certains pensent aussi que le Y se prononce à l’anglaise, ce qui donne donc phonétiquement « la Génération Why », comprenez « la Génération Pourquoi ». Incompréhensible, nous ?

 Il faut dire que nous n’avons pas de chance. Les icônes qu’on nous associe ? Justin Bieber et Nabilla. Sauf que non. On ne retient que les plus caricaturés. Laissez nous le temps de prouver qu’on peut être aussi lettré que vos économistes soixantenaires.

Oui nous aimons les arts et les week end au soleil, mais ne sommes nous pas un peu proche de la pensée des Hippies dans ce cas ? « Stop au métro, boulot, dodo » est-ce mal de chercher à améliorer nos conditions de travail pour ne pas finir en burn-out après 30 ans d’inexistence professionnelle ? Nous montons nos start-up et fuyons notre pays natal pour trouver de meilleures conditions de travail, au fond on essai simplement de s’intégrer comme on peut dans un monde déjà surchargé. On a le cul entre deux chaises et aucune des deux ne semblent stables. « Lâches » diraient certains, « aventureux » à nos yeux. Tout est une question de point de vue.

  • Vous êtes fainéants : Oui l’école d’autre fois ne nous intéresse pas comme vous. En attendant qui travaille chez MacDo quand l’argent vient à manquer ?
  • Vous voulez toujours plus : Peut être, mais c’est de votre faute. Si nous désirons plus, c’est parce qu’on nous montre que c’est possible. Vous jugez ce que vous créez. Est-ce mal de vouloir viser le soleil ? Après tout Oscar Wilde disait bien « Vise la lune, au pire tu toucheras une étoile »
  • Vous êtes le nez sur vos écrans : Parce qu’aujourd’hui il n’y a que ça. Les journaux deviennent page web, les offres d’emplois concernent notre savoir dans les réseaux sociaux. Nous avons grandit avec l’évolution de notre société, on a dut s’adapter aussi vite que vous afin de, non pas garder un emploi, mais assurer notre avenir. Oui internet est une source d’information incroyable, mais ce n’est pas nous qui l’avons créée. Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des opportunistes.

Je suis assez attristée de voir les clichés qu’on subit, qu’on nous range dans une case sans vraiment creuser au fond du panier. Les généralités sont utiles mais nocives et aujourd’hui on le ressent. Maintenant ces propos n’engagent que moi, ce n’est qu’un ressentit de ce que j’observe aujourd’hui et j’espère, avec le temps, que tout ça s’améliorera, car on a pas fini de faire parler de nous.